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                      Carnet de Présentation de Masha Tkachenko

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                      Masha Tkachenko
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                      Masha Tkachenko

                      La guerre ne répugne à aucune ruse.

                      Origine

                      Age

                      Sexe

                      Faction

                      Un inventé

                      36 ans*

                      F

                      So'Rem (Val)

                      HISTOIRE

                      Cela fait à peine 3 heures que la nuit s’en est allée et il fait déjà trop chaud pour sortir sans équipement. Dehors, il n’y a pratiquement plus le moindre nuage hormis les nappes de fumées au-dessus des industries, à bien des arrêts d’ici, et le sable virevoltant en tempêtes éphémères est bien loin de bloquer les rayons du Soleil tapant cruellement le verre et le béton des infrastructures. Ils disaient qu’il y a déjà des siècles de cela, lorsque le Tsar Cheslav Nasonov, le treizième, avait fait finir la construction du Soleil de Verre, bon nombre de régions dans l’espace proche avaient connu des températures de plus en plus hautes, lorsqu’elles ne finirent pas tout simplement carbonisées. C’est comme ça que l’on perdit les colonies de Cerinel, Xormos et Kalrion notamment, pour ne revenir plus tard qu’avec d’imposantes machines bien mieux isolées pour en piller les ressources.

                      Le Soleil de Verre, c’était un vieux projet, un très vieux projet, initié, il paraîtrait, par un certain Aleksei Tkachenko, un ingénieur qui marqua l’histoire, lui et ses myriades d’équipes de scientifiques. Une coïncidence amusante d’ailleurs, on en plaisantait comme un de mes ancêtres parfois, même si ça pourrait tout aussi bien être un simple homonyme, comme si ça avait de l’importance avec les millénaires qui passèrent. A l’époque, les cieux étaient encore régis par le Parti Unique et l’Alliance Marchande, qui, de concert, formaient le gouvernement, mais avec le temps, quelques rébellions échouées, des tentatives de coups d’état et guerres civiles, on en est arrivé au modèle d’empire qui subsiste encore aujourd’hui, même si le Haut Conseil a suffisamment de pouvoir maintenant pour prétendre davantage à une oligarchie, mais je diverge. C’était donc un projet très ambitieux, et un de ceux dont on se souvient encore de nos jours, comme l’élévation de la première cité spatiale, la guerre des machines ou encore la fondation des écoles philosophiques.

                      Plusieurs siècles se sont alors écoulés, plusieurs millénaires même, il faut bien dire que c’est un Tsar qui en a achevé la construction, et le Soleil de Verre prit forme. Au commencement, il s’agissait de réacteurs tout particuliers, visant à produire de l’énergie à partir de l’astre, usant alors de technologies de pointes et de nouvelles matières ultra résistantes, et puis petit à petit, le concept s’est élargi. Une tâche d’acier s’était créée, puis une autre et encore davantage. Des toiles les relièrent, des stations vinrent s’accrocher à plus ou moins de distance, et, finalement, à force de pomper l’énergie et de recouvrir la surface de l’étoile comme des mouches sur une crotte, ils finirent par amener une ère glaciaire sur l’ensemble de notre espace. Les régions les plus éloignées étaient lentement abandonnées, jusqu’à ce que l’histoire en fasse à nouveau des destinations de choix, bien plus tard, et les migrants venaient peupler les planètes plus proches dont les villes prenaient l’allure de ruches avec toujours plus de stations en orbite, allant parfois jusqu’à envahir les quartiers industriels malgré les fumées, le bruit et la pollution qui y étaient omniprésents.

                      La situation dut encore se dégrader davantage, le froid toujours plus présent, ce qui n’empêcha en rien d’éclater quelques conflits et de pulluler de vastes épidémies, au point où, pour une fois depuis bien longtemps, peut-être depuis le départ de notre planète d’origine, la population chuta de près de la moitié, puis plus encore, si bien qu’aujourd’hui nous n’avons toujours pas rattrapé le nombre initial. De nombreuses mesures d’urgence se succédèrent avec les mandats qui défilaient, chaque crise se résolvant l’une après l’autre, alors que de nouvelles venaient tantôt à apparaître, jusqu’à ce que le Soleil de Verre soit remis sur le tapis. C’est alors un second nom à marquer, Lavaro Nozdrin, qui entreprit de réparer les erreurs des générations précédentes. Faisant machine arrière, il conçut des dispositifs circulaires pour raviver le Soleil, lentement, mais sûrement, et par ce que l’on pourrait comparer à des principes de loupes, il en amplifia le rayonnement pour inverser le processus. Le futur, nous le connaissons et le vivons : il avait réussi, et c’est ainsi qu’aujourd’hui, notre Soleil est fait de verre, et d’acier.

                      Toutefois, il n’avait pas seulement inversé l’ère glaciaire, il avait aussi recréé le climat original des planètes, peut-être même un peu plus chaud, celles-ci qui perdaient leurs glaciers pour des volcans bien souvent, et l’adaptation ne fut pas des plus simples. La pollution ensuite, et nos mondes de neiges devinrent des déserts de poussières, passant alors du froid extrême à la canicule. Les habitants des colonies s’y habituèrent avec les générations qui passaient, mais c’était tout un tas d’infrastructures et de machines qui furent à changer, et même en recyclant, autant dire que ça a fait beaucoup de déchets. Petit à petit, les terres sont devenues plus arides, et l’on a troqué nos radiateurs pour des systèmes de refroidissement. Les régions les plus éloignées gagnèrent des températures de choix, et sont aujourd’hui avec la station du Soleil typiquement les destinations de rêves de bien des citoyens de tout l’empire. D’autres devinrent bien plus chaudes et sèches, non pas que ce soit un problème incontournable, mais pour bien des cas, c’était la fin des saisons. En y repensant et depuis ma naissance, je crois que je n’ai jamais vu d’hiver, ni de neige naturelle.

                      C’était, il y a bien 36 ans, un jour comme un autre, chaud, toujours. Pour certains, peut-être, je pourrais commencer à me faire vieille, mais avec la différence des sciences et technologies, ce n’est même pas le quart de mon espérance de vie. Nous étions alors sur Vyristo, un satellite de Jeorrah, la cinquième planète de notre espace et notre terre d’origine. Après la déchéance des glaces, guerres et pestes, suivie des nouvelles chaleurs, les régions autrefois très peuplées de Jeorrah et de ses trois lunes se sont parsemées de ghettos désaffectés et abandonnés, avant de devenir des décharges et sites d’extraction. À l’heure de ma naissance, il ne restait peut-être qu’un quart des villes-ruches de Vyristo, et le reste était laissé aux industriels, qui avaient au moins le mérite de fournir du travail aux habitants, malgré les quelques dommages collatéraux qu’ils engendraient dans les environs. La vie n’était facile pour personne, on était typiquement broyé sous le poids de la production de masse, et il ne passait pas un jour sans que les ouvriers ne rêvent de pouvoir déménager ailleurs, lorsqu’ils parviendront, éventuellement, à se débarrasser des dettes colossales de leurs ascendants.

                      Mon père était un contremaître, suffisamment haut gradé pour ne pas avoir à craindre de voir sa famille crouler sous la famine un lendemain de faible production, mais assez peu pour encore être constamment écrasé par ses supérieurs. Il était, en fait, assez haut pour se faire haïr du commun des ouvriers, et assez bas pour ne pas vraiment gagner quelques privilèges que ce soit pour autant, alors que mère était une scientifique fonctionnaire sous mandat de l’Etat. Ça paraît prestigieux sur le papier, mais en dehors de l’éventuelle beauté du nom, elle était juste une chair à canon des bureaucrates cloîtrées derrière un écran toute la journée. Pour être franche, nous avions vécu plutôt bien au début, ne craignant que peu la maladie, la soif, la faim, et ayant toujours un toit sous lequel dormir, mais j’allais encore sur mes 7 ans lorsque tout se mit à changer.

                      Cela faisait déjà une bonne vingtaine d’années que le gouvernement avait passé des lois permettant d’envoyer des criminels travailler dans des zones industrielles défavorisées, comme celle où nous vivions, parmi les autres ouvriers, juste encadrés d’une manière un peu plus sévère. L’idée était que les prisons traditionnelles tendaient à être vite remplies, et chères à maintenir, et les autorités avaient la main généreuse lorsqu’il s’agissait de punir. De fait, pour les délits plus légers, les dettes principalement, ils avaient décidé de mêler un peu plus la population des usines, et pourquoi pas reclasser certains ouvriers trop peu productifs à leur goût. La décision au départ ne semblait pas gêner, d’autant que la pratique était déjà mise en place par endroits depuis bien longtemps avant de manière moins officielle, mais ce n’est qu’après une petite décennie qu’ils décidèrent d’intensifier le processus, reclassant bien plus facilement les ouvriers parmi les bagnards, renforçant les inégalités et les mesures de surveillance et augmentant toujours plus les nombres, un brusque passage à la vitesse supérieure en somme. Les tensions montèrent, chaque année, chaque mois, chaque jour, jusqu’à ce que tout éclate.

                      Des émeutes suivirent, et Vyristo venait à changer drastiquement. Dès les premiers soulèvements, les autorités locales furent promptes à réagir. Ils renforçaient très vite les points clef, évacuaient les têtes les plus importantes, mais il y avait beaucoup à faire en trop peu de temps, et dans ces cas, ceux qui prirent les premiers furent les hommes comme mon père. Typiquement, ils étaient les derniers sur la liste de protection des forces de l’ordre, mais ils étaient tout juste le point de départ des rebelles, et ils ne pouvaient rien y faire. Dès que les attaques avaient commencé, je voyais mes parents pleurer, chaque soir, impuissants, et puis un jour, ce fut la guerre juste dehors. De mon bas âge, je n’avais pas grand-chose à comprendre, si ce n’est le chaos, et, même si aujourd’hui j’ai bien conscience d’avoir eu beaucoup de chance de m’en sortir, si je puis dire, à ce moment j’étais comme une coquille vide trimballée par un agent de sécurité lorsqu’ils firent évacuer les bureaux et les écoles en réponse à l’offensive des insurgés.

                      Après avoir été longuement secouée et emmenée avec les autres enfants, puis stockée dans la soute d’une navette quittant le complexe alors perdu à la guerre en direction de la station la plus proche, je fus passée aux mains d’une équipe d’agents en combinaison type hazmat qui nous firent vivre toute une batterie de tests. Nous aurions pu penser qu’il s’agissait de mesures de sécurité liées à une brèche quelconque dans les usines, par exemple, mais en vérité ce n’était que le caractère pragmatique du gouvernement à nouveau à l’œuvre, qui visait davantage à prendre tout un tas de mesures bizarres chez les enfants, sans spécifier ce qu’ils cherchaient, qu’ils rendaient ensuite à leurs parents comme si de rien n’était. Je n’eus cependant que le temps de revoir ma mère, qu’elle me prenne dans ses bras et me parle, juste une poignée de mots, tout allait si vite, alors qu’un agent nous séparait à nouveau.

                      Ces tests, sont l’application pure et dure des mesures mises en place par un certain Gaspar Brezhnev, éminent législateur lors de la fondation des écoles philosophiques. Celles-ci, je les avais évoqués plus tôt, et c'est un des petits bijoux de l’empire. Si leur fondation relève grandement de la compétence de Brezhnev, en tout cas pour tout ce qui est des règlementations actuelles quand à leur mode de fonctionnement, les principes sur lesquelles elles s’appuient sont en vérité les travaux de Kortnev et d’Aptekar, des biophysiciens qui découvrirent le principe du psionisme à l’échelle de l’organisme, et développèrent les fondements visant à repérer et cultiver un potentiel psionique, là où les rares manifestations d’antan pouvaient encore être appelées miracles ou sorcellerie. C’est en se basant alors sur leurs études que de nombreux siècles mirent au point et perfectionnèrent un système de dépistage des populations à potentiel et d’éducation spartiate, visant à repérer les enfants à capacités, pour les arracher à leur foyer et en faire des outils dignes de servir l’empire. L’enrôlement est alors forcé lorsque dépistage s’est fait, mais en raison de la forte population, il n’est vraiment pratiqué qu’à un certain âge, les enfants étant plus malléables, et massivement dans certaine région plutôt que de manière régulière, et c’est notamment le cas lors de guerres ou catastrophes, puisque les éventuels enfants recueillis sont des victimes de moins à relocaliser, quelque part, et surtout peuvent bien plus difficilement se soustraire au test.

                      Je me souviens alors qu’ils m’avaient pris à ma mère comme on arracherait une mauvaise herbe, sans nous laisser le temps d’un adieu. Elle n’eut même pas l’occasion de m’embrasser sur le front, de me dire un mot ou me passer un mémento, et fut même plaquée au sol et maîtrisée par les gardes lorsqu’elle tenta de me prendre la main, et c’est là le dernier souvenir que je porte d’elle avant d’avoir été emmenée à ce nouveau… Foyer. On nous avait transportés comme du bétail, et simplement traités comme du bétail, pour rejoindre une de ces sinistres institutions avec pour seule certitude que l’on ne reverra jamais les terres que l’on venait de quitter. Si les écoles philosophiques forment des atouts majeurs au service des fonctionnaires et des armées, le prix à payer n’a jamais été négligeable, avec un taux de mortalité, et d’échec bien que cela revienne au même, plutôt élevé, et un coût éthique additionnel, mais tous deux ont été jugés acceptables, car après tout, nous sommes toujours assez nombreux dans l’espace pour supporter ce genre de sacrifices.

                      La raison pour laquelle le taux d’échec est si élevé réside principalement en la première étape du cursus, soit la préparation du corps pour les étapes suivantes. La cause en est simple, puisque, comme l’avait surtout avancé Aptekar, une méthodologie similaire à de la torture, lorsqu’elle se concentre sur des points précis du corps, permet des résultats surprenants dans la formation du potentiel psionique, en particulier lorsqu’il s’agit de corps en cours de croissance ou antérieur à cette phase. Ainsi, même si les corps sont fragiles, il reste objectivement très efficace de les soumettre à un processus de torture par la douleur, les drogues et les poisons, et c’est pour des raisons évidentes que beaucoup n’y survivent pas. Si je devais en reparler aujourd’hui, je dirais simplement avoir vécu comme une éternité dans un cauchemar pour ces quelques années, et, si j’osais plaisanter, je dirais qu’au moins ça forge le caractère. Cela dit, si les méthodes paraissent questionnables, le résultat, lui, est sans appel, et parmi les survivants dont je faisais partie, bien malgré moi passé un certain seuil, bien peu ont échoués une fois cette simple étape réussie.

                      La deuxième étape était alors des plus simples, consistant principalement en un enseignement scolastique sur différents domaines d’études, directement psioniques ou plus généraux, notamment les philosophies de la psionique, la biophysique, la physique psionique et la culture bien sûr, entre autres, sans oublier une bonne dose de doctrine impériale par-dessus. Gardant en tête l’objectif de former avant tout des agents et soldats, mais aussi le fait qu’il n’y avait toujours que dramatiquement peu d’étudiants à ce stade, il va sans dire que les professeurs mettaient un point d’honneur à inculquer à tout un chacun le sens de l’obéissance, la bienséance et la rigueur perfectionniste qui se devait d’être attendue. L’équipe pédagogique était très attentive et exigeante, autant dire que c’était la crème des chercheurs et pratiquants que l’on avait en face de nous, et inutile d’attendre alors plus de compassion que d’un sergent instructeur, puisque l’école philosophique est avant tout une institution militaire des plus dures.

                      Nous passâmes donc à nouveau quelques années, et étions alors sur la fin de l’adolescence lorsqu’il fut temps de passer à la dernière étape. Si la seconde comporte un taux d’échec en pratique nul, la troisième contient généralement quelques ratés sur chaque promo. Là où la précédente se focalisait essentiellement sur la théorie, le temps de laisser le corps développer son potentiel jusqu’au point où il cesse de croître de manière réellement significative, la dernière apporte alors bien plus de pratique, où les jeunes apprennent en plus de leur cursus basique à se servir de ces pouvoirs étranges. La formation est toujours on ne peut plus encadrée, visant à développer les usages militaires de la psionique et à achever la formation des petits soldats en leur faisant un peu manier l’arme à feu en prime en fin de cursus. En général, on trouve toujours de temps à autre quelqu’un qui n’en réchappe pas à cause d’une maladresse en entraînement, mais là où les échecs sont les plus massifs dans cette phase, ce sont ceux qui perdent la tête en voyant se développer leurs pouvoirs. Parfois par avarice et orgueil, ils se croient tout-puissants et perdent la notion des limites, ou par la rancune nourrie toutes ses années, ils se retournent contre leurs maîtres, mais ce n’est généralement que le théâtre d’exécutions sommaires, pour quelques noms rayés de la liste.

                      Autant dire que je faisais partie d’une mauvaise série, une série défectueuse, mais pas au premier abord. Cette année, nous fûmes nombreux à arriver, avec ensuite un plutôt bon taux de passage à la première étape. Des gamins endurcis, une bonne année que les instructeurs disaient, une fournée de soldats d’élites en vue. Mais c’était sans compter sur Matvey. Comme beaucoup, il avait très mal digéré le cursus. Il était ambitieux, mais lui, il était rusé et perfide. Je ne sais toujours pas comment il s’y est pris, peut-être qu’il avait juste eu de la chance et avait trouvé d’autres personnes partageant son point de vue parmi les instructeurs ou dans l’équipe d’encadrement, mais soit, il avait monté son projet, et en fin de troisième étape, il choisit de frapper méthodiquement et d’une seule fois. Avec sa bande, ils profitèrent d’un moment où la sécurité était un peu plus légère en début de matinée, et lancèrent l’assaut à travers le complexe, hachant leur chemin à coup de psionique et d’armes volées, lors d’une escarmouche qui avait tout d’un champ de bataille. On les pensait voués à l’échec, et bon nombre d’entre eux comme des gardes perdirent la vie, mais ce jour-là, deux navettes volées quittèrent les quais d’embarquement pour une destination inconnue.

                      Pour ceux qui restèrent neutres, comme moi, le reste de la formation fut mitigé, entre ceux qui décidaient de nous passer ce fâcheux incident sur le dos, et d’autres qui voulaient plutôt nous féliciter d’avoir gardé la tête froide et du bon côté. Quoiqu’il en soit, nous réussîmes à décrocher le « diplôme » de fin d’école philosophique malgré l’incident, et c’est à ce moment que nous attendait notre nouvelle vie. Trop précieux pour être traités comme de la chair à canon en tant que simple soldat, mais trop frais et jeunes pour être de véritables agents, nous étions assignés à d’autres psioniques en tant qu’aides de camp, certains sur le front, d’autre au cœur de la police, selon les cas. Nous avions ce petit statut en plus, maintenant, cet honneur d’avoir réussi à survivre aux écoles de la mort quelque part, mais cela n’allait rien changer et pour l’Empire nous restions des chiens, des chiens dont une partie de la meute s’est déjà rebellée, qui plus est.

                      Pour ma part, je fus envoyée sur Leyruind, une lune relativement proche de l’école, en tant qu’aide pour un petit groupe d’agents de sécurité dans un bagne. La mission était simple, il s’agissait de surveiller les détenus, ou ouvriers, choisissez ce qui sonne le mieux, et éventuellement enquêter si quelque chose devait attirer notre vigilance. Seulement, ce qui allait me mener la vie dure n’était pas tant que ça ma mission, mais plutôt mes coéquipiers qui, après avoir appris pour le coup de Matvey et sa bande, prenaient un malin plaisir à me rappeler d’où je venais et à me garder à l’œil presque plus qu’ils ne surveillaient les véritables détenus. Ça n’avait alors rien d’un bizutage, c’était plus comme un règlement de compte et de l’hostilité ouverte, mais rien qui ne dérangeait notre officier en charge qui semblait bien du même avis que ceux qui me mettaient constamment à l’écart. Ainsi, j’étais comme un point noir, entre les bagnards et les surveillants, ni du côté de l’un, ni du côté de l’autre.

                      Si les conditions n’y étaient pas si favorables, cela ne m’empêchait pour autant pas de faire mon travail, et c’est au cours de celui-ci que j’avais cru remarquer un visage familier dans la foule. Je me rappelais un nom, Samuil, un de ceux qui étaient portés disparus de l’école depuis l’incident. De toute évidence, il aurait dû être exécuté, et non fait bagnard, s’il avait été identifié, et j’aurais dû le signaler, mais je fis le choix de m’abstenir. J’avais la certitude que mon devoir était de le faire, mais malgré tout ce que j’ai appris, je n’arrivais pas à le faire. L’école m’avait appris que j’étais du côté de l’Empire, et c’était ma mission ici, mais ce type, j’avais grandi avec lui, j’avais vécu un cauchemar avec lui. Je me rappelle qu’ils m’avaient proposé de les suivre, tout comme ils l’ont fait pour d’autres. Nous avions refusé, parce que nous le devions, par crainte surtout, mais plus le temps passe, et plus le doute s’était enfoui en moi, ça et les tensions toujours croissantes. Je n’arrivais pas à faire un choix, alors je choisis de ne rien faire.

                      Une forme de routine venait à s’installer, lorsqu’un membre de l’équipe mit le doigt sur des activités suspectes. D’un premier abord, il semblait que de simples petits échanges illicites avaient lieux, et l’on doutait premièrement qu’il s’agirait plutôt de drogues, ou peut-être de contrefaçons, ces deux éléments étant finalement plutôt communs dans les régions mal famées comme celle-ci, et parfois même tolérés selon si l’on a graissé la patte du bon officier ou non. Mais ce coup-ci, c’était plus gros, avec plus de ramifications détournées qui faisaient de ces petits trafics une véritable toile. Il y avait là des approvisionnements en armes et en munitions notamment, de quoi équiper un petit groupe d’abord, et progressivement, cela ressemblait plus à une armée. Les fuites étaient légions, et chaque brèche colmatée en révélait plusieurs autres, du moins avant que l’on ne découvre un vecteur redondant. Une origine commune, une source, et l’enquête prenait forme. Nous n’avions alors qu’à réunir quelques preuves, et tout se déroulait alors parfaitement, nous avions un lieu, et une heure, pour un parfait coup de filet. Une fin d’après-midi sous un Soleil d’acier, notre groupe d’intervention pénétrait en ce que nous avions identifié comme le repaire des scélérats.

                      Mais très vite, je compris que ça n’allait pas pouvoir fonctionner. Ils avaient été rapides à réagir, et nous nous retrouvions au cœur d’un face-à-face létal, une véritable bataille où fusaient les tirs et le sang. J’étais prête pour ça, j’y avais été entraînée, mais je n’étais pas encore prête à revoir Samuil dans le camp d’en face. Pas seulement lui, il y avait aussi Dmitri et Orina. J’y repensais encore, et là, je n’arrivais juste pas à me battre. J’entendais mes coéquipiers qui me hurlaient de me secouer et me crachaient au visage, j’en voyais tomber au sol sous les tirs. Le vacarme me montait à la tête, et je ne sais plus trop comment, mais c’est comme si toutes les couleurs en étaient venues à s’inverser. Ce que j’avais appris, c’était ma place, sous la bannière de l’empereur, mais tout me montait à le voir dans l’autre sens, et sans y penser davantage, j’avais retourné ma veste. J’ai fait feu sur mon équipe d’intervention, et me suis rangée du côté de mes anciens camarades, et sur le coup, le raid ne dura pas longtemps avant que le moindre des agents ne finisse exécuté.

                      Samuil et les autres me reconnurent aussi, et malgré les tensions de l’action, nos retrouvailles se passèrent bien mieux que je n’aurais pu l’espérer. De toute manière, j’avais franchi le cap, j’étais comme eux et des leurs, maintenant. C’est par leur biais alors que l’on m’introduit à leur groupe de résistance, à Matvey que je pu revoir, et à la raison pour laquelle nous en sommes tous ici, Nastka, une de nos anciens instructeurs, celle qui les avait mis en contact avec les rebelles et leur avait permis de s’échapper. Si l’on s’en fiait à l’histoire, la résistance ne l’a encore jamais emporté contre le système, mais comme le disaient les leaders, nous échouerons au moins en hommes et femmes libres. A ce moment, je n’étais pas entièrement sûre de partager leur idéologie, mais je n’arrivais simplement pas à me voir à ma place en l’Empire, et j’avais la sensation que Matvey, Samuil et tous les autres étaient tout ce à quoi je pouvais me rattacher.

                      Je n’y croyais pas plus que cela, mais avec l’aide d’acteurs plus puissants qui voyaient leurs intérêts dans ce mouvement d’opposition à l’ordre, nous avions en quelques années gagné pas mal de terrain face à l’empire, que ce soit sur Leyruind même ou d’autres fronts. Nous savions nous diviser, frapper à plusieurs endroits, et nous n’étions pas seuls, d’autres groupes se soulevant par endroits pour créer une énième guerre civile. L’Empire en était dépassé, et s’ils parvenaient à garder ses positions sur des points clef, il cédait facilement en d’autres points plus difficiles à gérer, notamment les zones plus pauvres et à risques. Mais pour autant, ce n’était pas toujours que de succès, et il arrivait que nous devions reculer lorsque la flotte s’approchait trop près, jusqu’à ce que nous nous fixions sur un certain status quo. Nous avions alors pris le plus de régions dans les secteurs plus chauds et proches du Soleil de Verre, alors que l’Empire gardait jalousement l’astre, la plupart des stations, et les planètes plus éloignées, en somme ce qui avait le plus à offrir alors que le reste avait été sacrifié aux résistants comme des os à ronger. À ce point, nous étions forts, une union de bon nombre de groupes rebelles face à un même ennemi, et nous étions allé plus loin que nuls autres depuis bien longtemps, mais nous avions ce goût amer en bouche, comme si tout avait été planifié jusqu’ici.

                      C’est à ce moment que le maréchal des armées Ilarion Savvin enclencha la seconde phase de son plan. Maintenant que l’Empire avait solidifié ses positions et gardait le contrôle de ses régions favorites, ils décidèrent d’employer d’autres mécanismes du Soleil de Verre, jusqu’ici gardés sous silence auprès des populations. Employant des méthodes plus poussées que celles de Nozdrin, ils amplifièrent les rayons de l’astre, résultant en une vague de chaleur brusque sur l’entièreté de l’espace. Pour les régions plus éloignées et les stations mobiles, le territoire bien tenu par l’Empire, ce n’était qu’un été plus cruel et rien de très difficile, alors que pour toutes les terres qu’ils nous avaient laissé, c’était comme un passage en pyrolyse. Ils avaient mis un arrêt à la guerre, se contentaient de tenir et renforcer leurs positions, alors que nous étions sous le poids d’une hausse constante des températures vers les extrêmes et incapables de bouger de ces planètes qu’ils nous avaient généreusement offertes.

                      Beaucoup perdirent la vie très vite, et nous fûmes contraints à opter pour une toute autre direction au fil des années qui s’écoulaient pour ne pas sombrer dans l’anarchie et la déchéance. De grandes têtes se firent connaître, comme David Yuvelev, Yuriy Snergiyov et Vasilisa Abramova, qui soudèrent en un ensemble uni les résistants, maintinrent les fronts et développèrent la reconstruction de notre nouvelle société. Avec des valeurs d’union, de solidarité et de partage, nous pûmes créer un semblant d’ordre et éviter la fragmentation totale malgré les pertes importantes. Lentement, ils trouvèrent des cerveaux pour contrer les effets du plan de Savvin, développant des structures plus résistantes, des réseaux souterrains et de l’équipement à systèmes de refroidissement, au point tel où s’ils voulaient nous brûler de leur Soleil, ils n’auraient d’autre choix que de se réduire en cendres eux-mêmes avec. Les industries se relancèrent progressivement, les gens vivaient sous une nouvelle bannière, et au fil des années, nous réussîmes à créer une nouvelle force dans l’espace, pas entièrement égale à l’ancien monde, mais rivalisant et luttant avec ardeur et ténacité.

                      Dans ce nouveau monde, j’avais choisi de rester aux côtés de Matvey et des autres. Ensemble, nous avions pu monter une véritable équipe d’anciens agents psioniques, et nous étions prêts à chercher un futur pour ce que nous étions et ceux à venir. Il y avait beaucoup à faire, et ce n’était véritablement pas en si peu de temps que nous aurions créé un système, mais en collaboration avec des ingénieurs, biophysiciens, chimistes et d’autres, nous pûmes participer à notre hauteur à la reconstruction. Les débuts n’étaient pas faciles alors, nous ne savions jamais vers où nous allions, et puis, c’est Samuil et un certain Faddei qui mirent au point un projet de réacteur psionique. Du jamais-vu, quelque chose qui, si elle pouvait se concrétiser, pourrait très bien nous donner un avantage sur l’Empire. Très vite, nous étions tous à travailler dessus, Matvey dirigeait les groupes et organisait les équipes, Samuil et Faddei menaient le gros des recherches avec leurs assistants respectifs, Dmitri et moi-même, et les autres fourmillaient contribuant chacun à l’édifice. Le projet prenait alors forme, et nous arrivions à un modèle de moteur énergétique multifonction, intégrable au corps, qui permettrait d’exploiter le véritable plein potentiel des psioniques. Calqué d’abord sur le corps de Samuil que l’on avait élu pour porter le prototype, nous l’avions nommé le Simargl.

                      Du temps, encore, passa. Nous en étions à la cinquième génération du Simargl, qui m’avait alors été greffé, et les résultats étaient plus que probants. Certains trouvaient ironiques que nous ayons quitté un état qui nous utilisait comme des outils de combats pour, maintenant que nous étions libres, nous façonner comme des armes d’élite, mais cela n’avait pas d’importance, car nous tracions notre propre route et chacun luttait pour ce en quoi il croyait désormais. La Nouvelle Alliance, de son côté, tenait bon sans trop fléchir, et l’Empire enrageait face à cette tâche qu’ils n’arrivaient définitivement pas à effacer. La guerre allait bon train, beaucoup de pertes des deux côtés, et l’on ralentissait face à l’effort de guerre que l’on peinait progressivement à soutenir. Le status quo se maintenait, comme s’il allait durer, au moins un temps.

                      Cette année marquera aussi ce que l’on surnommait quelquefois le début de la fin. Depuis si longtemps nous avons parcouru l’espace et fait notre tout ce que nous y avons trouvé, et pourtant, il reste infini, au-delà des limites que notre technologie peut franchir, il s’étend plus loin que nous ne pouvons l’observer et semble toujours receler des choses plus étranges et incompréhensibles. Ce n’est en partant de rien que tout a commencé alors. Les astrophysiciens, scrutant les cieux infinis comme toujours, avait repéré un mouvement inexplicable des astres. Un phénomène de corps célestes à la forme étrange qui se déplaçaient à un rythme soutenu, loin d’ici, bien loin. Puis, un autre rapportait l’extinction d’une étoile, la disparition d’une planète, et c’est alors qu’un premier mentionna le nom de Léviathan. Il serait des créatures stellaires, immenses, qui errent, et quelles que soient leurs intentions, qui savait alors comment la rencontre se passerait.

                      Très vite, la nouvelle circula, et l’Empire comme l’Alliance se mit à se préoccuper de ces phénomènes qui se produisaient tout autour, encore en dehors de notre espace contrôlé, bien plus qu’ils ne se souciaient de la guerre. Ces choses allaient finir par approcher, mais comment être prêts ? Tout effort commençait à converger vers cette finalité, les populations s’inquiétaient, certains déliraient. La fin du monde allait-elle venir ? Comment lutter contre des êtres comparables à des planètes mêmes ? Nous n’avions de réponses, nous avions dompté un Soleil, certes, en des millénaires de travail acharné, mais comment dompter des bêtes que nous ne parvenons même pas à comprendre ? Il ne fallut alors qu’une seule année, avant que le dernier rouage de la fin ne se mette en marche.

                      Jeorrah, berceau de notre humanité, fut la première à tomber. Depuis l’espace même, nous pouvions voir la terre se déchirer, se fissurer et se retourner. Tapie au cœur de l’astre, une créature aux formes indescriptibles et improbables détruisait et dévorait la terre en croissant. La population fut anéantie en un clin d’œil, une simple poignée de survivants ayant parvenu à s’échapper entre les débris avant que la bête qu’ils nommaient déjà comme la planète qu’elle venait d’engloutir ne saisisse les satellites autour. Quelques mois avaient suffi à perdre nos origines, puis quelques mois de plus avant de perdre les plus proches. Cette chose immense dormait au sein même de cet endroit où nous étions nés, et venait de s’éveiller, et nous n’étions véritablement pas prêts.

                      Pas la moindre flotte ne parvint à l’érafler, sa taille n’avait rien à voir avec tout ce que nous aurions pu jamais imaginer combattre. Nous étions tous impuissants, et cette fois, rien ne put arrêter le chaos. Les populations étaient perdues, tous ne pensaient qu’à fuir ou se résigner dans la folie à leur triste sort. Les nations n’avaient plus lieu d’être. Je me souviens encore, nous avions embarqué dans ces prototypes d’arche spatiale de longue distance vers une destination lointaine, inconnue. Nous étions prêts à tout abandonner, beaucoup de ces navires quittaient les mondes qui se faisaient détruire les uns après les autres. Je me souviens tout juste de cet au-revoir, ou adieu, lorsque nous échangeâmes une dernière parole avant de s’enfouir dans les capsules de cryogénisation, et puis ce fut le noir total.

                      Je ne me suis éveillée qu’après quelque trois siècles de sommeil, plus brutalement que je ne l’imaginais. En face de moi, ED DTA 593, une des quelques IA surdéveloppées en charge du vaisseau et de notre maintien en stase. Je me sentais comme assommée, alors que la machine m’expliquait que nous avions échoué. Le vaisseau était hors-service, bien plus loin que nous n’aurions jamais espéré arriver, mais pas encore assez. Une panne des systèmes de survie était survenue, la plupart des exilés ne s’en sont pas sortis. Pourquoi moi alors ? Quelque chose avait permis à mon corps de fonctionner encore. Pas un simple coup de chance, le Simargl avait pris le relais et m’avait fait ce réveil en sursaut. J’avais alors l’espoir d’en voir d’autres, mais nous n’étions pas montés dans le même bâtiment, alors qui sait ? Ça n’allait rien changer de toute manière, j’étais bloquée et seule dans un bâtiment hors tension. Je me souviens juste avoir remercié la machine pour le geste avant qu’elle ne s’éteigne, puis m’être assise pour attendre la fin. Du coin de l’œil, je l’avais vu comme tenir quelque chose d’un de ses bras mécaniques, comme une sorte de petite pierre cristalline, mais qu’était-ce ?

                      Physique et Mental

                      Physique

                      Regarde-toi dans la glace, qu’est-ce que tu vois ?

                      Je me vois moi, bien sûr. D’abord, mes cheveux bleus. Mi-longs, peut-être un peu courts dans l’ensemble, à part deux longues et larges mèches sur l’avant de chaque côté, d’une couleur intense et non-naturelle, comme on en fait bien souvent. Ils sont de la même couleur que mes lèvres et sourcils, assortis, et ensemble dessinent les traits de mon visage. Certains remarqueraient assez vite mes yeux aussi, plutôt fins, perçants parfois, d’une couleur d’or légère. Des traits plutôt aiguisés et marqués en soi, auxquels s’ajoute un nez plus pointu qu’arrondi. Suis-je belle ? J’aime à le croire, en tout cas.

                      Mon corps, lui, est bien celui d’une femme à n’en point douter. J’ai des formes féminines mais assez discrètes, en tout cas vu comme je m’habille, et l’entraînement à mon train de vie m’a donné une silhouette plutôt taillée athlétique, il faut dire que je n’ai jamais eu le loisir de l’oisiveté. Beaucoup remarquent alors très vite ces traces bleutées, un peu luisantes selon la lumière parfois, que j’ai sur le corps. Des motifs abstraits, en vagues, spirales et toiles, comme des tatouages tribaux ou d’envoûteurs, croiriez-vous que ce n’est qu’esthétique ? Là d’où je viens, la chirurgie esthétique est capable de merveilles pour ceux qui ont les moyens de s’en offrir les services, mais pour un psionique comme moi, dont la formation et l’entraînement impose toute une multitude de cicatrices, et née d’une famille des plus modestes, disons que des petites retouches pour ajouter un peu de couleur masquant les plaies refermées avec le temps est d’un prix bien plus abordable qu’une refonte complète de la peau auprès des chirurgiens les plus renommés. Oh, et les plus récentes sur le dos et le torse, ça date encore du Simargl.

                      Touchez ma peau, et vous sentirez que je suis bien de chair, mais oseriez-vous penser que je suis plus proche d’un robot que d’un humain ? À l’école déjà, dès que notre âge le permettait, les instructeurs s’empressaient de nous faire implanter toute sorte de petite choses magiques pour nous solidifier. Nous devions être des armes, alors autant nous construire pour. Mes os sont d’acier, ma peau a été renforcée par des produits de synthèse. Mes muscles sont en majeure partie artificiels, mes cheveux, ongles et dents sont tous conçus par des cellules factices. Des nanorobots parcourent mon corps et mon sang, mes organes clef ont été remplacés. J’ai l’air d’une humaine, mais c’est presque comme si j’avais été méthodologiquement refaite, alors que me reste-t-il ? Quelques bouts par endroits, de la matière grise surtout, peut-être quelques cellules dermiques, des pièces par-ci et par-là, même moi j’ai perdu le fil. Et si vous ne le voyez pas, peut-être pouvez-vous entendre le Simargl ? Je n’ai plus de cœur qui bat, mais à la place le doux ronronnement d’un moteur, qui pourrait bien vrombir en chauffant.

                      Pour ma tenue, enfin, j’opte pour du simple. J’ai toujours cette cape à capuche sur moi, en matériaux résistants à la chaleur du Soleil de Verre avec un système de refroidissement intégré. Ce n’est pas directement coupe-feu, mais je suis sûre de ne jamais craindre les coups de Soleil ni la canicule avec. Le design est simple et élégant, de blanc et de noir, souple et ample. Dessous, je suis habillée léger, avec un haut simple noir sans manche au bras droit et recouvrant entièrement mon bras gauche, lequel n’est pas entièrement recouvert de peau et laisse à découvert des mécanismes biotechnologiques implantés. Enfin, j’ai un pantalon fin noir sans prétention, une ceinture à laquelle j’accroche mon arme, et des bottes tout-terrain épaisses.

                      Que dire de plus ? À vous de voir.


                      Mental

                      On m’a souvent reproché d’être froide, ce qui est d’une ironie pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais connu d’hiver. Que dire ? Je compatis, oui, je comprends votre douleur, évidemment, mais quoi de plus ? Mon cœur est de métal. Enfant, on m’a arraché tout ce qui m’entourait, et on a voulu faire de moi une arme, quelque chose de mécanique. J’ai vécu comme une machine, et j’ai beau être humaine, je comprends, mais c’est tout. Qu’ils crient, qu’ils pleurent, qu’ils souffrent, je vous dirais juste que c’est ça de vivre. Je ne suis pas sadique, je n’ai jamais été masochiste et ne me sens pas démente le moins du monde, mais je ne saurais pas être votre bonne Samaritaine. Je ne suis ni aveugle ni sourde, je ne suis juste pas touchée plus que cela, alors oserez-vous chercher un battement de cœur en moi si vous doutez de mon humanité ? La misère est partout, la famine, la détresse, la peste, la guerre, je ne fais que les accepter, car le malheur est pour tous un absolu inévitable. Souvent, le monde me laisse de marbre, et c’est peut-être très bien ainsi.

                      Un jour, il disait que la mort d’un homme était une tragédie, alors que pour un millier, ce ne serait qu’une statistique. Je n’ai pas retenu son nom, mais j’ai bien gardé ces mots. Ma vie a toujours vibré par et pour la guerre, les conflits s’enchaînant les uns après les autres. Ils ont façonné mon éducation autour d’elle, et m’ont appris à raisonner comme elle le faisait. Après eux, même de l’autre côté de la barrière, la guerre restait omniprésente, son image ne s’est jamais détachée. La guerre, c’est nos vies, ma vie. En son sein, les noms n’ont plus lieu d’être, et il n’y a qu’alliés et ennemis. Chacun devient un nombre, chaque sacrifice devient une simple perte, et l’objectif et tout ce qui importe alors. Je n’ai jamais éprouvé de plaisir à maltraiter autrui comme finalité en soi, je n’ai rien d’une psychopathe, mais je suis prête à me salir les mains jusqu’à l’épaule si je devais le faire pour parvenir à ma fin. Dans la guerre, il n’y a pas de petits sacrifices, il n’y a pas de moyens excessifs, il n’y a que victoire, ou défaite. Il n’y a pas de crimes, car il n’y a plus de règles, et aucun coup n’est trop bas. Mais je vous en prie, ne m’en voulez pas. J’ai été construite comme ça, vous savez, c’est dans ma nature, je suis une arme.

                      Ils m’ont façonné à l’image qu’il voulait de moi. Par la douleur, le scalpel, la doctrine, ils m’ont fait telle que je suis et m’ont enchaînée avec les autres. Nous étions des chiens, tous, et nous étions prêts à obéir, mais certains avaient fuit la meute. Sur le coup, les avais-je haïs ? Je ne sais plus, peut-être par idéologie un peu, peut-être par jalousie aussi, et puis, par une sorte de jeu de hasard, finalement, je les ai rejoint. Je me questionne parfois encore sur la manière donc tout s’est déroulé, mais le fait est que ma cage s’est entrouverte, et avant de le savoir, j’étais sortie. Maintenant, je suis dehors, je vois le monde de mes yeux et je ne sens plus la laisse d’un maître autour de mon cou. Je suis libre, et pour rien au monde, je ne voudrais perdre cette liberté. C’est peut-être un peu pour ça que je ne fais pas facilement confiance, il faut dire que ce genre de péripéties pousse à la méfiance. Mais je ne mords pas les inconnus pour autant, pas d’entrée de jeu, cela dit, je n’aime pas être approchée, encore moins saisie, et suis assez rigide sur ce sujet.

                      Je pense sans orgueil pouvoir dire que je n’ai pas toujours eu de quoi sourire dans la vie. Comme pour beaucoup, ça n’a pas toujours été facile, mais j’ai eu des figures à qui me rattacher par moments. Entre nous, on avait un petit truc pour tromper l’ambiance morose de la guerre, et c’était de plaisanter, de tout, de rien, de sujets qui ne s’y prêtaient généralement pas et sur un ton probablement peu approprié, mais ça aidait à garder le moral, et je crois que c’est resté avec le temps. Pour autant, je ne suis pas totalement de mauvais goût, et je pense pouvoir apprécier la beauté où je la vois ou l’entends. Hélas, l’art de l’Empire était assez… Limité, il n’y avait honnêtement que trop peu pour satisfaire ma curiosité. Parlant d’être curieuse, j’ai beau ne pas être du genre à me pencher sur les grands mystères de la vie pour autant, j’aime bien savoir, trouver ce qui se cache par-ci et par-là. Ce qui ne se montre pas vaut souvent la peine d’être retourné, et je n’aime pas beaucoup qu’on me résiste.

                      Tout comme je ne suis pas faite pour être en cage, je n’aime pas rester en place trop longtemps. Une vie est un long mouvement, et j’ai souvent la patience dure en ce qu’il s’agit d’attendre que les choses se passent toutes seules. Je préfère agir, les pousser à bouger de mes mains s’il le faut, car l’inertie est d’un ennui. À ne pas s’y méprendre, je n’entends pas non plus être une fêtarde démesurée. En fait, je tiens plus de l’inverse, et ait du mal à me relâcher, il faut dire que le temps n’a jamais été très propice aux banquets là d’où je viens. Coincée, rigide, je tiens peut-être un peu de cela. J’aime vivre ma vie comme je l’entends et la vivre en agissant, mais je ne suis pas disposée pour autant à la jeter comme ça vient comme une tête brûlée. A vrai dire, je pense avoir encore beaucoup à voir et à faire et, même si c’est une de ces choses que l’on a voulues me mener à penser, je ne suis pas sûre d’être prête à mourir sans regrets.

                      Pouvoirs et Capacités

                      Je suis un soldat. J’ai été entraînée en tant que tel, pour être agent de l’Empire. Notre devise, c’était l’excellence, la perfection. Toujours se surpasser et viser plus haut, car on attendait de nous que le meilleur. L’entraînement répété comme une routine, amplifié, souvent, et sans répit, ça forge le caractère, et le corps surtout. Bien plus qu’un citoyen lambda, j’ai de l’endurance, de la force et de l’agilité, ce qu’il faut sur le champ de bataille. Pour les armes ? J’ai donné, mais les basiques surtout. Un psionique n’utilise pas autant les armes qu’un spécialiste, cela dit. Je dirais que j’ai un bon niveau au fusil, et plutôt des connaissances générales sur tout ce qui va avec, quoiqu’on puisse avancer qu’il ne faut pas un génie pour dégoupiller une grenade. Nous sommes façonnés pour la guerre. Tous, nous avions appris à utiliser des armes montées ou d’artillerie en cas de besoin, quelques notions tactiques et de quoi se faire une place dans le chaos d’une mêlée générale.

                      Je suis une psionique. Ils m’ont imposé un pouvoir qui n’aurait peut-être jamais dû être mien. Notre philosophie, c’était la force de l’esprit, une volonté d’écraser qui pouvait se tracer sur la réalité même. Nous sommes des engins de combat faits de chair. Par la pensée, nous pouvons faire s’écraser et se tordre la matière par notre force invisible. Nous pouvons solidifier l’air pour créer un mur ou une bourrasque. Nous pouvons tordre la lumière pour distraire nos adversaires ou nous dérober à leur regard. Nous pouvons secouer la terre, nous mouvoir comme une foudre de bataille. Ils disaient que le psionique, c’est l’art de la guerre. Certains parlaient d’autres usages, des miracles, de la sorcellerie, du surnaturel qui pourrait vous surprendre, vous faire croire à un rêve tant il serait improbable, mais ce n’est pas ce que la guerre souhaite. Ils nous ont appris à utiliser nos talents pour la bataille, et le reste, ce qui dort, ce n’est pas à nos générations de le réveiller.

                      Je suis une arme. Contre-nature, peut-être, ils nous ont injectés de ce que la technologie avait de mieux. Plus solide, plus rapide, plus souple, nous sommes l’évolution de l’humain vers la machine, et peut-être plus proche du second. Nous souffrons toujours de certains défauts de notre race, la famine, la soif, la fatigue, la maladie, même si nous y sommes déjà plus résilients. En somme ? Attendez-vous à voir la puissance d’un androïde, car nous ne sommes plus de simples sacs de chair. La puissance, la précision, le prestige, c’est là les mots clefs de ce que l’eugénisme a à nous offrir, l’humain de demain, qui dépasse en tout point son ancêtre primitif, le progrès. Mon meilleur atout ? Le Simargl, un réacteur psionique, amplifiant ma concentration, ma force, ma vitesse grâce à mon pouvoir qui l’abreuve. Jumelé à un réseau mécanique interne, doté de lames et de puces explosives cachées.

                      Je ne me sépare jamais de mon arme, un fusil Vikhrov de 19e génération. Une invention d’un groupe de psionique pour compenser le manque de munitions. S’utilisant avec du fer ou de la pierre pouvant être taillé même grossièrement, son système s’active avec une impulsion de force psionique et utilise un procédé magnétique pour faire accélérer le projectile avec une puissance de feu similaire à une balle normale, bien qu’inférieur encore à une arme à fusion. Utilisé avec des particules plus petites en masse, l’effet shrapnel peut être vicieux à courte portée.

                      IRL

                      Pseudo : Peu importe
                      Age : 20
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                      vava
                      The Birther
                      groupe
                      Bonjour !

                      Merci de t'être inscrit sur Rebirth RPG Carnet de Présentation de Masha Tkachenko 1444956918

                      Le Staff est en pause en ce moment : nous traiterons ta fiche dès que nous le pourrons.

                      Bonne journée Carnet de Présentation de Masha Tkachenko 403255964
                      vava
                      Masha Tkachenko
                      groupe
                      Bonjour,

                      Ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour cela avec la fin du déconfinement approchant de mon côté mais après en avoir discuté avec moi-même je penses faire quelques changements de plus ou moins grande envergure...

                      Considérez donc cette fiche comme en cours et non terminée, s'il-vous-plaît.

                      Amicalement,

                      Moi
                      vava
                      groupe
                      Aller en haut MenuAller en bas